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Dénutrition : les risques chez les seniors

La prévalence de la dénutrition varie de 5 à 10% chez les seniors à domicile et de 15 à 65% chez les seniors en Etablissements d’ Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes (EHPAD, ex-maisons de retraite)

 

La perte musculaire chronique affecte 30% des personnes âgées de plus de 60 ans et peut dépasser 50% des personnes âgées de plus de 80 ans. 30

Remarque : les numéros en exposant sont les références d'articles ou d'études cités en page "Références"

 

LégumesEn gériatrie, la dénutrition protéino-énergétique est une situation fréquente. Elle limite l’autonomie, diminue la qualité de vie, augmente le risque d’ulcères du décubitus, d’infections, de fractures (hanche, vertèbres) augmente le risque de complications en cas d’hospitalisation et elle augmente la mortalité. Elle altère la qualité de vie. 29, 31-33

 

Du point de vue économique, la dénutrition des seniors augmente les coûts de prise en charge, ainsi que le nombre de visites médicales et de séjours à l’hôpital. Les coûts annuels de la dénutrition ont été estimés à 18,5 milliards de dollars en 2000 aux USA (environ 13,6 milliards d’euros) et 7,3 milliards de livres sterling en 2003 au Royaume Unis (environ 8 milliards d’euros), soit 10% des dépenses de santé. La moitié des coûts imputables à la dénutrition chez les plus de 65 ans est à la charge des personnes âgées en long séjour : hôpitaux et EHPAD. 29, 30, 33, 34

 

Il existe une diminution physiologique de la masse musculaire, mais si une personne continue à ingérer une quantité constante de protéines de bonne qualité en vieillissant, il n’y aura pas d’altération de son métabolisme de la synthèse des protéines. 32 41

 

Le risque nutritionnel existe en cas d’apport nutritionnel insuffisant, de perte de poids involontaire > 5% en 3 mois ou > 10% en 6 mois, ou encore d’indice de masse corporelle (IMC) < 20 kg.m-². 33

 

La dénutrition est multifactorielle, favorisée par :

  • l’anxiété, l’apathie, la fatigue et la dépression,
  • la prise de médicaments (effet indésirable),
  • les maladies chroniques,
  • la dépendance pour l’aide au repas,
  • les épisodes d’hospitalisation : maladie aiguë, augmentation des besoins métaboliques (maladie, chirurgie), stress de l’hospitalisation,
  • la maladie l’Alzheimer et autres troubles cognitifs,
  • les troubles de la déglutition (suites d’accident vasculaire cérébral, chirurgie maxillo-faciale),
  • les problèmes bucco-dentaires,
  • une alimentation hachée, mixée ou en purée (15 à 26% des patients en long séjour), 35
  • la sensation de satiété précoce et le ralentissement de la vidange gastrique pour les liquides chez les personnes âgées. 28-30, 33

 

Il est plus facile de prévenir la dénutrition que de la traiter. 32, 36 En cas de perte de poids involontaire, commencer de façon précoce une alimentation enrichie ou des compléments nutritionnels augmente considérablement les chances de succès : renutrition, amélioration de l’autonomie et  de l’état général. 29, 33

 

L’apport protéique minimal pour les personnes âgées est de 0,8 g de protéines/kg/jour. 39-42 La majorité des personnes âgées malades nécessitent au moins 1 g de protéines/kg/jour et environ 30 Kcal/kg/jour, selon leur activité physique. 33 Pour les personnes âgées dénutries, la HAS recommande 1,2 à 1,5 g de protéines/kg/jour et 30 à 35 Kcal/kg/jour. 29 Pour les personnes alitées ou peu mobiles, un apport calorique de 20 Kcal/kg/jour peut être suffisant. 29

 

Malgré des différences dans l’efficacité d’utilisation, l’âge n’altère pas la capacité de synthèse des protéines musculaires après ingestion d’un aliment riche en protéines. 32 Il est démontré qu’un apport protéique augmente le poids et diminue la mortalité. 28 Il est préférable de répartir l’apport protéique en plusieurs prises dans la journée (déjeuner, dîner et deux collations à 10h et à 16h) plutôt que de donner les plats protéiques (viande, poisson, œufs) uniquement au déjeuner et au dîner. 40 De plus, une circulaire récente précise que les personnes âgées ne doivent pas rester plus de 12 h sans manger : il est donc recommandé de donner une collation supplémentaire à 21h (Conseil National de l’Alimentation, avis n°53 du 15 décembre 2005).